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Commémoration de l’Armistice du 11 Novembre 1918

Publié le 11 novembre 2020
Commémoration de l’Armistice du 11 Novembre 1918

Commémoration de l’Armistice du 11 Novembre 1918

ALLOCUTION DE MONSIEUR JEROME DUBOST
MAIRE DE MONTIVILLIERS
11 novembre 2020

Monsieur le Conseiller municipal délégué aux anciens combattants
Monsieur le Conseiller municipal Correspondant Défense,
Messieurs les sapeurs-Pompiers,µ
Messieurs les bénévoles de la Protection civile et de la Batterie Fanfare Montivilliers – Gonfreville l’Orcher
Mesdames et messieurs les anciens combattants et leurs portes drapeaux,
Mesdames, Messieurs,

Il y a 102 ans, le 11 novembre 1918, à 5H15, au carrefour de Rethondes en forêt de Compiègne, dans le wagon du Généralissime Foch, un armistice est enfin signé entre les Alliés et l’Allemagne, dernière des Puissances Centrales à rendre les armes.
Il y a 102 ans, le 11 novembre 1918, à 11h00, dans tout notre pays, les clochent sonnent à la volée et annonce l’arrêt des combats comme une délivrance.
Au front, les clairons bondissent et sonnent les « Cessez-le-feu », « Levez-vous » et « Au Drapeau ». On entonne la Marseillaise. En face, parmi les soldats allemands, c’est également le soulagement.
Pour la première fois depuis quatre ans, Allemands et Français peuvent se regarder sans s’entretuer.

Cette année, la pandémie de la Covid-19 vient bouleverser les commémorations du 11 novembre et notre hommage à ceux qui ont combattu pour la France.

Nos cérémonies ont lieu au “format restreint”, sans public et dans le strict respect des mesures de distanciation, comme cela fût le cas déjà pour les commémorations du 8 mai. La gravité de la crise sanitaire que nous traversons justifie ces mesures mais elle ne doit pas pour autant nous faire oublier l’importance de l’hommage que nous rendons aujourd’hui aux morts et aux combattants de la Première Guerre mondiale.

L’armistice signé le 11 novembre a mis fin à une guerre qui a décimé une génération entière. Plus de neuf millions de morts et disparus ; six millions de mutilés ; vingt-et-un millions de blessés.

Parmi les jeunes Français, 900 tombaient chaque jour, en moyenne, au cours des 52 semaines de Guerre. Cela représente 27% des hommes entre 18 et 27 ans disparus au cours de la Première Guerre Mondiale. Toutes les familles françaises quasiment avaient perdu un être cher pendant ces quatre années. Ces millions de jeunes ont subi l’Histoire en même temps qu’ils l’ont faite. Ils ont été au bout de la souffrance, au bout du courage, au bout du sacrifice.

Plus d’un quart d’une génération a été fauchée au cours de cette guerre, et plus encore en sont revenus blessés, mutilés, marqués dans leur chair comme dans leur esprit.

Le 11 novembre 1918, la France et l’Europe en ruine, éprouvée et épuisée faisaient face, rappelons-le, à la seconde vague de la pandémie dite de « grippe espagnole ». Le virus apparu aux Etats-Unis d’Amérique en mars 1918, propagé en Europe par la guerre dès le mois d’avril, révélé par la presse espagnole non censurée, fera rage, par vagues hivernales, jusqu’en mai 1919, plus meurtrière à l’échelle mondiale que la Peste noire du XIVe siècle.

En 1918, la mort avait deux visages, celui de la guerre et celui d’un ennemi invisible, et pendant de longs mois non nommé, pour ne pas nuire au moral des troupes encore au combat.

Le 11 novembre 1918, l’Armistice sonnait en France comme un soulagement et surtout l’espoir d’une paix retrouvée, d’une paix qui restait encore à construire mais que chacun imaginait durable. Déjà l’on évoquait la « Der des Der », tant la violence et la cruauté de cette Première guerre mondiale avaient été si terribles.

Première guerre mondiale, première guerre totale, première guerre moderne et technologique, ils ne savaient pas alors qu’il ne s’agissait que de la Première.

Commémorer, c’est entretenir et partager la Mémoire de celles et ceux qui ne sont plus là pour témoigner. C’est œuvrer à l’éducation civique et faire de la pédagogie citoyenne. C’est tout autant honorer le sacrifice de ceux qui sont morts, tombés pour la France, que vouloir sans cesse œuvrer à construire la Paix. La France n’est rien sans ce que les Français ont en commun.

La Première Guerre mondiale, c’est l’histoire d’une des plus grandes souffrances humaines. Et c’est au nom de l’Humanité, par simple amour de la vie, qu’il nous faut en garder la mémoire.

La France aime la Paix, la France défend la paix. La Paix entre les Nations, qui a progressée, mais qui toujours est mise à rude épreuve.

Aujourd’hui nos soldats sont engagés en 2020 sur plusieurs théâtre d’opérations face à des groupes terroristes qui mènent de véritables guerres territoriales comme nous l’avons vu en Syrie et en Irak, comme nous le voyons encore au Sahel.

Oui, les fauteurs de guerre et de violence obligent parfois à répondre par les armes pour défendre la paix, comme la France le fait notamment au Sahel.

Nous sommes donc réunis une fois encore pour honorer celles et ceux qui sont tombés au combat : les soldats de la Première Guerre mondiale, mais également toutes celles et tous ceux tombés pour la France, pour défendre la paix et la liberté. En cette année 2020, nous devons honorer la mémoire de 20 soldats Morts pour la France.

Comme leurs aînés de 14-18, comme leurs frères d’armes tombés avant eux, ils aimaient la France et sa République, ses valeurs. Ils n’avaient pas été « mobilisés » mais avaient fait le choix de s’engager, volontaires. Et comme d’autres bien sûr, mus par le sens du devoir, ils nourrissaient bien évidemment d’autres amours, d’autres projets.

Je veux à cet instant rappeler et partager avec vous ces mots de Guillaume Apollinaire, écrits sur le Front, en 1915, cette première strophe du poème « Chevaux de frise ».

Pendant le blanc et nocturne novembre
Alors que les arbres déchiquetés par l’artillerie
Vieillissaient encore sous la neige
Et semblaient à peine des chevaux de frise
Entourés des vagues de fils de fer
Mon cœur renaissait comme un arbre au printemps
Un arbre fruitier sur lequel s’épanouissent
Les fleurs de l’amour.

A l’échelle de l’Histoire, la paix continue de progresser et la violence entre les Hommes reculent. Ce constat peut surprendre, plus particulièrement depuis quelques années, mais il s’agit d’un fait historique indéniable : l’amour, l’amour d’un être cher qu’évoquait Apollinaire, mais celui plus collectif, l’amour du genre humain, gagne du terrain

Mais la réalité, c’est aussi que la paix reste toujours fragile car elle est sans cesse menacée. Nous le savons, quelques-uns continuent d’attiser le feu de la haine de l’autre, de la violence, l’idée, totalitaire, qu’il n’y aurait qu’une façon de penser, qu’une façon d’organiser les pouvoirs, qu’une façon de croire.

Ils ne sont pas nombreux, mais ils frappent les esprits par l’ignominie de leurs actes, et si les esprits sains et démocratiques perdent leur sang-froid, alors l’horreur peut-être plus grande encore.

Cela est plus que jamais d’actualité face au terrorisme qui frappe sur notre territoire, il y a quelques jours encore, à Conflans-Sainte-Honorine puis à Nice, encore, comme en Europe, à Vienne. Face au terrorisme aussi qui poursuit une autre forme de guerre dans les esprits et sur les réseaux.

Notre « arme », celle des citoyens, reste notre attachement déterminé à nos valeurs communes, celle qui forment le socle de notre Nation : la Liberté, l’Egalité, la Fraternité mais aussi et surtout la Laïcité. Et la démonstration, sereine, de cet attachement sans faille à ses valeurs, avec sang-froid. Ces valeurs sont des valeurs de paix et de respect de l’autre, de valeurs de concorde et de fraternisation, comme celles qui avaient pu renaître, le 11 novembre 1918 à 11 heures entre les soldats de part et d’autre de la ligne de front.

Ceux de 14-18 n’avaient qu’un espoir : que leur guerre soit la dernière, “la der des der” d’une longue histoire sanglante de l’Europe désunie. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Mais pourtant, depuis maintenant plus de 70 ans, l’Europe a su construire la paix entre les Nations qui la composent. L’Europe réconciliée est, et nous le souhaitons, sera, demain plus encore, la réponse que les Poilus de 14-18 attendaient.

Ensemble, devant notre monument du Souvenir, honorons la mémoire de ceux qui se sont battus pour la Paix, ceux qui ont donné leur vie pour nos valeurs et pour nos droits. Aujourd’hui, c’est à nous qu’il revient de les faire vivre, de les défendre et de les rendre accessibles à tous, très concrètement.

Alors, soyons fiers de notre République, laïque, sociale, ouverte, fraternelle, égalitaire, européenne, pacifiste mais prête à défendre ses valeurs.

Affirmons aussi notre volonté de le faire dans la solidarité et l’attention à l’autre, cette traduction concrète plus que jamais essentielle de la Fraternité dans le contexte de crise sanitaire et sociale que nous connaissons actuellement. Car c’est ainsi, que nous saurons le mieux honorer la mémoire de ceux qui ont sacrifier leur vie pour nous permettre de vivre en paix.

Vive la Paix ! Vive la République !  Et vive la France !